Tout le monde aime les mots
La notoriété comme raccourci
Éditée le 17 janvier…
avec l’ajout d’unepetite musique d’accompagnement qui m’a bien fait rire…
Je vais le dire simplement :
j’ai un malaise avec certains grands noms qui publient ici.
Pas avec leur talent ni leur succès. Pas avec le fait qu’ils aient une carrière, une visibilité ailleurs, des prix, des tribunes, tant mieux pour eux.
Mon malaise commence quand cette popularité déjà acquise sert à tirer des sous à des lecteurs ordinaires, ici, sur une plateforme qui fonctionne surtout à la proximité, à la voix, à la relation directe.
Quand tu as déjà des contrats, des cachets, des salles pleines, des chroniques payées, une maison d’édition derrière toi… venir quémander cinq dollars par mois pour tes mots à des lecteurs qui n’ont souvent que ça à donner, je trouve que c’est pour le moins discutable.
C’est pas illégal. C’est même pas rare.
Mais ce n’est pas neutre non plus.
Substack, pour moi, ce n’est pas une machine à rentabiliser une notoriété existante. C’est, ou ça devrait être, un lieu où des voix fragiles, marginales, inconnues, peuvent exister sans être étouffées par les mêmes qui occupent déjà tout l’espace ailleurs.
Si l’amour des mots est réel, laisse ton nom au vestiaire. L’anonymat et le départ de zéro ne lui feront pas peur. Ou ouvre toi au tout gratuit pour tous.
Quand les gros poissons débarquent dans un étang déjà fragile, même avec le sourire, même “en toute humilité”, ils déplacent l’eau. Toujours.
Je préfère lire et soutenir quelqu’un qui écrit ici par nécessité ou par pur plaisir, pas par stratégie, quelqu’un qui n’a pas déjà un filet de sécurité sous chaque phrase, quelqu’un pour qui ces quelques dollars ne sont pas un bonus, mais un vrai geste de reconnaissance.
Je ne demande pas aux “riches et célèbres” de partir. Je ne donne pas de leçons à personne.
Je dis que, moi, je choisis où je mets mon attention et mon argent.
Et ce sera rarement dans des poches déjà pleines.




Le mieux est d'être fauché ça élude d'avance la question. Bon je dis ça parce que je suis énervé... J'ai fait le calcul des sommes que je devrais payer pour suivre toutes les personnes intéressantes aie aie aie ! Du coup je fais du gratuit et je profite des articles gratuits qu'on veut bien me permettre de lire ;-)
Je te retrouve carrément sur ce point. C'est usant et déprimant presque. C'est parfois detourner l'objectif, la lumière des plus nécessiteux. Pour ma part, mes textes sont grave lus et diffusés et commentés. Pourtant, malgré le fait que je dise ouvertement que je struggle et que j'aimerais qu'on soutienne mon travail aussi d'une manière financière, personne ne fait de dons.