Je ne m'attarderai pas sur la technique, c'est efficace : métaphores filées qui, en entonnoir, montre la clarté comme une évidence discrète.
Je vais plutôt te raconter une histoire. Celle de quatre amis sur une plage bretonne. Quatre amis qui ont profité de l'été pour plaisanter, profiter du temps, manger de délicieuses spécialités pour finalement se retrouver sur la plage, allongés sur le ventre, le dos encore humide d'eau salée. Le soleil se couche sur la mer, colorant les nuages d'or, de rose et de rouge profond. Pierre-Olivier tourne la tête vers les filles :
- Mais tu pleures ?
Élodie détourne la tête en s'essuyant les larmes.
- C'est juste que je trouve ça beau.
- Et ça te fait pleurer.
Et il rit, suivi de Sophie.
Pas moi. Je trouvais ça beau aussi. Mais on m'avait appris de ne pas pleurer.
Je vais juste poser un point technique. Normalement on devrait écrire "appris à ne pas pleurer", mais le hiatus [i-a] était trop laid. J'aurais pu écrire "dit de ne pas pleurer" mais je perdais l'idée de conditionnement. J'ai donc plié la langue pour être exact et musicalement plus beau : "appris de ne pas pleurer".
Lorsqu’on parle de ces grands compagnons du jardin, je m’arrête et j’écoute. Surtout quand on me les décrit avec autant de talent et de vérité. Ça vaut la peine de s’attarder.
Un très beau texte. Tu as vraiment beaucoup de talent.
Merci Suzanne, venant de toi, ça compte beaucoup.
Je ne m'attarderai pas sur la technique, c'est efficace : métaphores filées qui, en entonnoir, montre la clarté comme une évidence discrète.
Je vais plutôt te raconter une histoire. Celle de quatre amis sur une plage bretonne. Quatre amis qui ont profité de l'été pour plaisanter, profiter du temps, manger de délicieuses spécialités pour finalement se retrouver sur la plage, allongés sur le ventre, le dos encore humide d'eau salée. Le soleil se couche sur la mer, colorant les nuages d'or, de rose et de rouge profond. Pierre-Olivier tourne la tête vers les filles :
- Mais tu pleures ?
Élodie détourne la tête en s'essuyant les larmes.
- C'est juste que je trouve ça beau.
- Et ça te fait pleurer.
Et il rit, suivi de Sophie.
Pas moi. Je trouvais ça beau aussi. Mais on m'avait appris de ne pas pleurer.
Merci pour ton texte.
A.
Oh...et là c'est moi qui s'essuis discrètement le coin de l'oeil! Merci infiniment, je suis touchée!
Je vais juste poser un point technique. Normalement on devrait écrire "appris à ne pas pleurer", mais le hiatus [i-a] était trop laid. J'aurais pu écrire "dit de ne pas pleurer" mais je perdais l'idée de conditionnement. J'ai donc plié la langue pour être exact et musicalement plus beau : "appris de ne pas pleurer".
Lorsqu’on parle de ces grands compagnons du jardin, je m’arrête et j’écoute. Surtout quand on me les décrit avec autant de talent et de vérité. Ça vaut la peine de s’attarder.
Merci. J’ai découvert assez tard qu’on pouvait apprendre beaucoup sur soi en regardant suffisamment longtemps un arbre devant sa fenêtre.