Venise, c’est une ville à la fois refuge de fuyards et empire maritime, à la fois ouverture vers l’Orient et pouvoir occidental, à la fois république et oligarchie marchande. Ce sont les contradictions qui font sa richesse, et les seules vraies raisons de la sauver. Si on la sauve malgré sa complexité, on la mythifie. Si on la sauve pour sa complexité, on la comprend.
Ne sauvons pas Venise parce qu’elle est belle et ancienne, ça, c’est de la nostalgie. Sauvons-la parce qu’elle est contradictoire, imparfaite, impossible à résumer. Une ville qui a été à la fois asile et tyran, à la fois pont et frontière. C’est ça qui vaut quelque chose, pas l’image de carte postale.
Et si on limitait le tourisme, là et ailleurs où ça empiète lourdement sur la vie des citoyens? Des permis, un certains nombres d'élus, avec des priorité, ceux qui y ont de la famille là d'abord, puis les gens d'affaires, puis les touristes curieux (comme moi)... on fait une demande en début d'année, tirage au sort selon les conditions, permission une fois par cinq ans ou même une fois par vie, ce que plusieurs ne feront jamais, faute de sous. Nos fameux oligarches du web pourraient faire oeuvres de bienfaisance en finançant le manque à gagner, ça donnerait une belle raison d'être à leur gourmandise pécunière en plus de leur mettre des ailes d'angelots bienfaisants... mais je crains que la ville ne soit pas vraiment viable pour les famille, les vieillards. Est-ce que des changements pour en faire un milieu de vie plutôt qu'un musée sont envisageables?
J'ose parfois me demander si on ne devrait pas simplement les laisser aller... comme les vieillards qui n'ont plus de force, qui ont donné ce qu'ils avaient à donner. Ça me semble parfois semblable à l'acharnement thérapeutique et les coûts engagés serviraient si bien le vivant.
Je me demande aussi si cet attachement au passé ne concerne pas un passé bien particulier, européen, riche, religieux.
Quel magnifique texte! Didactique en plus! Quelle histoire!
Ahahah ! Bien joué !
L'histoire de William Walker est incroyable… J'adore !
Venise, c’est une ville à la fois refuge de fuyards et empire maritime, à la fois ouverture vers l’Orient et pouvoir occidental, à la fois république et oligarchie marchande. Ce sont les contradictions qui font sa richesse, et les seules vraies raisons de la sauver. Si on la sauve malgré sa complexité, on la mythifie. Si on la sauve pour sa complexité, on la comprend.
Ne sauvons pas Venise parce qu’elle est belle et ancienne, ça, c’est de la nostalgie. Sauvons-la parce qu’elle est contradictoire, imparfaite, impossible à résumer. Une ville qui a été à la fois asile et tyran, à la fois pont et frontière. C’est ça qui vaut quelque chose, pas l’image de carte postale.
Et si on limitait le tourisme, là et ailleurs où ça empiète lourdement sur la vie des citoyens? Des permis, un certains nombres d'élus, avec des priorité, ceux qui y ont de la famille là d'abord, puis les gens d'affaires, puis les touristes curieux (comme moi)... on fait une demande en début d'année, tirage au sort selon les conditions, permission une fois par cinq ans ou même une fois par vie, ce que plusieurs ne feront jamais, faute de sous. Nos fameux oligarches du web pourraient faire oeuvres de bienfaisance en finançant le manque à gagner, ça donnerait une belle raison d'être à leur gourmandise pécunière en plus de leur mettre des ailes d'angelots bienfaisants... mais je crains que la ville ne soit pas vraiment viable pour les famille, les vieillards. Est-ce que des changements pour en faire un milieu de vie plutôt qu'un musée sont envisageables?
J'ose parfois me demander si on ne devrait pas simplement les laisser aller... comme les vieillards qui n'ont plus de force, qui ont donné ce qu'ils avaient à donner. Ça me semble parfois semblable à l'acharnement thérapeutique et les coûts engagés serviraient si bien le vivant.
Je me demande aussi si cet attachement au passé ne concerne pas un passé bien particulier, européen, riche, religieux.