Samedi, et le panier a fait du chemin sans avoir bougé d’un pouce.
Abandonné dans les herbes au bord du fleuve, il est devenu ce que chacun a bien voulu en faire : témoin, personnage, prétexte, mystère, souvenir, menace, refuge ou simple caddie qui s’est franchement trompé de stationnement, je te laisse découvrir.
Une seule photo, des imaginaires qui partent chacun de leur côté et, à l’arrivée, des textes qui ne se seraient probablement jamais rencontrés autrement.
C’est exactement pour ça que j’aime cet atelier.
Voici ce que notre panier voyageur vous a inspiré cette semaine.
Jour 1 de Line Marsan
Une roue qui coince, un caddie qui résiste, et toute une vie qui semble avoir pris la même mauvaise habitude.
Un texte sombre et cabossé, traversé par une drôlerie qui lui évite soigneusement le pathos. Et ce titre, Jour 1, dont on ne mesure vraiment la portée qu’après le dernier mot.
L’inconnue au caddie de Laure
Ça fait vraiment plaisir de voir de nouvelles plumes se joindre à ce jeu!
Avec son texte, Laure nous emmène du côté des vies qu’on côtoie sans vraiment les connaître. Ce caddie accompagne une femme sans nom dans un récit mélancolique où le passage des saisons mesure aussi celui du temps. La fin reste ouverte. Au lecteur de choisir vers quel ailleurs cette femme est partie.
Le panier qui avait perdu son épicerie par Suzy Wong
Suzy Wong a choisi de ne pas inventer une histoire à notre panier. Elle en fait plutôt le point de départ d’une réflexion sociale, dans une langue bien à elle, où l’humour et les mots bricolés viennent constamment bousculer la gravité du sujet.
Un texte engagé qui refuse à la fois le misérabilisme et les jolies formules consolatrices.
Cette fois, notre panier d’épicerie passe carrément du côté de la dystopie.
Daniel Lennard construit autour de lui tout un monde dont les règles nous paraissent d’abord curieuses, puis de plus en plus inquiétantes. Le quotidien y est reconnaissable, mais suffisamment déplacé pour devenir absurde, et la satire n’est jamais très loin.
Une proposition pleine d’inventions, qui transforme la photo en porte d’entrée vers un univers beaucoup plus vaste.
Martin V. B. a choisi le slam et la polyphonie pour répondre à la proposition. Six voix se succèdent, entrecoupées par un chœur qui revient comme un refrain et donne à l’ensemble son rythme et sa cohésion.
Un texte ample, dur par moments, très écrit pour l’oral, qui fait du chariot le point de rencontre de plusieurs trajectoires humaines sans chercher à les confondre. Un texte d’une sensibilité immense.
Pour ma participation personnelle, je me suis demndé comment ce panier était arrivé où il est… et j’ai vu ce qui l’a amené là… C’est cette histoire que j’ai choisi de raconter.
C’est ce qui complète notre semaine autour de ce panier d’épicerie — caddie pour les intimes. 😉
Merci à toutes celles et ceux qui ont participé, mais aussi à ceux qui sont venus lire, commenter et encourager les auteurs. C’est aussi ça qui fait vivre l’atelier chaque semaine.
J’espère vous retrouver la semaine prochaine pour recommencer l’aventure avec la photo qui sera proposée lundi.








