Je pense comprendre le désarroi que tu exprimes ici. Mais je me trompe peut-être, avec ma vision d'homme...
Meme si je suis venu ici pour d'autres motifs, au niveau des textes intimistes, j'ai franchement été d'abord attiré ici par les récits érotiques. Jusqu'à m'en lasser, tellement je les trouvais correspondre aux clichés du porno mainstream. Toujours des histoires de séduction flirtant avec des tabous, avec toujours les mêmes ficelles de domination pour soi-disant "pimenter" ces récits.
Au bout d'une dizaine de ces lectures, parfois illustrées de photos, clichés de regard masculin (le fameux male-gaze), j'ai craqué.
Marre de ce formatage, à un tel point que je me suis demandé si ces textes avaient été bien écrits par leur supposées autrices. S'il ne s'agissaient pas encore de fausses confidences, à la "Pauline Réage" en nettement moins littéraire...
Du coup, maintenant que j'ai découvert ici, notamment grâce à toi, des textes témoignant davantage d'intériorité, de blessures, de rédemption, je ne lis ici que ceux-ci. Et ces textes m'aident tellement à comprendre le désarroi des femmes, et souvent aussi le mien. Je vous suis tellement reconnaissant d'oser mettre des mots sur des ressentis que je ne savais interpréter. Merci à toi, merci à toutes !
Alors, je sais pas si j'ai capté ce que tu voulais dire, mais voilà le ressenti que ton texte a fait naître en moi.
Le trauma mis en scène joue la même dynamique, mais il garde au moins les femmes dans la salle. La blessure calibrée, bien éclairée, reste consommable. Ce qui change, c’est le public cible. Pas le mécanisme. Je préfère qu’on me garde dans la conversation :-)
La sororité dans ma vie je ne l'ai vu que pendant quelques années parfois, au creux d'amitiés qui ont tourné court. La diffamation a fait son œuvre pour me ravir ces belles amitiés. La mère et la sœur se sont liées également, j'ai vécu sans ELLES (ailes?). Je vois juste apparaître vos ombres ici, de celles qui écrivent et lisent.. J'ai vécu donc parmi des hommes, sans véritablement mettre en jeu le désir, de moins en moins en tout cas au fil du temps. Je n'ai jamais fondamentalement senti une différence culturelle entre eux et moi et ai échappé à toute forme de marchandisation. Les jeunes femmes d'aujourd'hui doivent vivre d'autres débats, entre féminisme et OF, je n'en sais rien...
Oui c'est triste, ça démontre que tous les éléments de consciensation n'ont aucun poids devant le capitalisme... et que l'argent est toujours à la même place et que oui, les gens ont faim.
Tout se transforme. Ce que je trouve triste, c'est le discours souvent incohérent (incongruent) de ces mêmes personnes (tant celle qui expose que celui qui consomme).
Le burlesque est une piste intéressante, il y a là une conscience du jeu, une distance assumée. Ce qui m’intéresse ici, c’est autre chose : quand la conscience du jeu devient elle-même un argument de vente.
Le jeu ne dénonce pas — il participe. Mais ce qui me frappe davantage, c’est la structure derrière. Prenons pour exemple OF: 84% de créatrices, 79% d’abonnés masculins. Les femmes ne se parlent pas entre elles. Elles se donnent en spectacle devant un public qui paie. La conversation entre femmes est une mise en scène. Le vrai interlocuteur a toujours été là, derrière l’écran. Et oui, à un moment, on se lasse de parler à quelqu’un qui n’est pas dans la pièce.
Oui, et c’est la conclusion la plus froide : la lucidité est devenue la marchandise premium. On ne vend plus le corps, on vend le corps conscient de se vendre. La critique intégrée au produit. L’interface a optimisé le mécanisme jusqu’à capturer la résistance elle-même. Sauf qu’Arcan savait ce qu’elle faisait. Despentes aussi. Elles ont nommé la structure sans la recycler en contenu. Ce qui fait de moi quelqu’un qui a quitté la pièce une fois le piège reconnu.
Je reviens ici pour une petite mise au point... plus haut tu as écrit: "La conversation entre femmes transformée en spectacle..."... sauf qu'il n'y a pas de conversation entre femmes à ce niveau la... l'autre femme, on ne la prend pas en compte, on ne s'adresse pas à elle... y a qu'une schtroumpfette dans le village (Arcan dans Putain) et c'est celle qui publie... elle n'en a rien à faire des autres femmes...et si jamais il y en a une, ce sera une compétitrice... on pourra l'admirer, mais en tant que compétitrice.
Sibole! Je pensais écrire en mes mots exactement ce que je lis là. Merrrrci!
Vas y, écris le… on se demande pourquoi le masculinisme… est ce qu’on regarde ce qu’on donne à voir comme féminin?
Je pense comprendre le désarroi que tu exprimes ici. Mais je me trompe peut-être, avec ma vision d'homme...
Meme si je suis venu ici pour d'autres motifs, au niveau des textes intimistes, j'ai franchement été d'abord attiré ici par les récits érotiques. Jusqu'à m'en lasser, tellement je les trouvais correspondre aux clichés du porno mainstream. Toujours des histoires de séduction flirtant avec des tabous, avec toujours les mêmes ficelles de domination pour soi-disant "pimenter" ces récits.
Au bout d'une dizaine de ces lectures, parfois illustrées de photos, clichés de regard masculin (le fameux male-gaze), j'ai craqué.
Marre de ce formatage, à un tel point que je me suis demandé si ces textes avaient été bien écrits par leur supposées autrices. S'il ne s'agissaient pas encore de fausses confidences, à la "Pauline Réage" en nettement moins littéraire...
Du coup, maintenant que j'ai découvert ici, notamment grâce à toi, des textes témoignant davantage d'intériorité, de blessures, de rédemption, je ne lis ici que ceux-ci. Et ces textes m'aident tellement à comprendre le désarroi des femmes, et souvent aussi le mien. Je vous suis tellement reconnaissant d'oser mettre des mots sur des ressentis que je ne savais interpréter. Merci à toi, merci à toutes !
Alors, je sais pas si j'ai capté ce que tu voulais dire, mais voilà le ressenti que ton texte a fait naître en moi.
Le trauma mis en scène joue la même dynamique, mais il garde au moins les femmes dans la salle. La blessure calibrée, bien éclairée, reste consommable. Ce qui change, c’est le public cible. Pas le mécanisme. Je préfère qu’on me garde dans la conversation :-)
La sororité dans ma vie je ne l'ai vu que pendant quelques années parfois, au creux d'amitiés qui ont tourné court. La diffamation a fait son œuvre pour me ravir ces belles amitiés. La mère et la sœur se sont liées également, j'ai vécu sans ELLES (ailes?). Je vois juste apparaître vos ombres ici, de celles qui écrivent et lisent.. J'ai vécu donc parmi des hommes, sans véritablement mettre en jeu le désir, de moins en moins en tout cas au fil du temps. Je n'ai jamais fondamentalement senti une différence culturelle entre eux et moi et ai échappé à toute forme de marchandisation. Les jeunes femmes d'aujourd'hui doivent vivre d'autres débats, entre féminisme et OF, je n'en sais rien...
Personnellement, je trouve ça triste d'en arriver à ça 😕
Oui c'est triste, ça démontre que tous les éléments de consciensation n'ont aucun poids devant le capitalisme... et que l'argent est toujours à la même place et que oui, les gens ont faim.
Rien ne change vraiment.
Tout se transforme. Ce que je trouve triste, c'est le discours souvent incohérent (incongruent) de ces mêmes personnes (tant celle qui expose que celui qui consomme).
Bravo ! C'est une position claire et tenue...
Oui je sais de quel malaise tu parles.
Tes mots m’aide à mieux le cerner.
Et je reste curieuse de mieux comprendre. La ligne est où?
Je pense qu’elle se trouve dans l’intention. Ça se sent, se voit. Mais c’est peut être plus subjectif que je le crois…
Très intéressant se texte qui porte à la réflection.
Le burlesque est une piste intéressante, il y a là une conscience du jeu, une distance assumée. Ce qui m’intéresse ici, c’est autre chose : quand la conscience du jeu devient elle-même un argument de vente.
Le jeu ne dénonce pas — il participe. Mais ce qui me frappe davantage, c’est la structure derrière. Prenons pour exemple OF: 84% de créatrices, 79% d’abonnés masculins. Les femmes ne se parlent pas entre elles. Elles se donnent en spectacle devant un public qui paie. La conversation entre femmes est une mise en scène. Le vrai interlocuteur a toujours été là, derrière l’écran. Et oui, à un moment, on se lasse de parler à quelqu’un qui n’est pas dans la pièce.
Oui, et c’est la conclusion la plus froide : la lucidité est devenue la marchandise premium. On ne vend plus le corps, on vend le corps conscient de se vendre. La critique intégrée au produit. L’interface a optimisé le mécanisme jusqu’à capturer la résistance elle-même. Sauf qu’Arcan savait ce qu’elle faisait. Despentes aussi. Elles ont nommé la structure sans la recycler en contenu. Ce qui fait de moi quelqu’un qui a quitté la pièce une fois le piège reconnu.
Je reviens ici pour une petite mise au point... plus haut tu as écrit: "La conversation entre femmes transformée en spectacle..."... sauf qu'il n'y a pas de conversation entre femmes à ce niveau la... l'autre femme, on ne la prend pas en compte, on ne s'adresse pas à elle... y a qu'une schtroumpfette dans le village (Arcan dans Putain) et c'est celle qui publie... elle n'en a rien à faire des autres femmes...et si jamais il y en a une, ce sera une compétitrice... on pourra l'admirer, mais en tant que compétitrice.