Verseau, pensée libre
Entre le concept et la vraie vie
À l’origine, le Verseau n’est pas un signe d’eau.
Erreur classique. Mauvais élément. Mauvaise lecture.
Le Verseau, c’est de l’air. De l’air fixe, en plus.
Fixe, oui, comme l’idée qui s’installe, qui s’obstine, qui refuse de lâcher le morceau. Elle n’a pas nécessairement raison, mais elle s’accroche, cette idée fixe.
Le Verseau n’a pas toujours de plan, mais il a une vision, et il ne la lâche pas facilement.
Chez les écrivains Verseau, on trouve rarement des confessions ou un journal intime. Ce qui les intéresse, c’est le monde en train de se faire, en bien ou en mal. Les groupes, les systèmes, les idéaux, les règles qu’on suit sans trop savoir pourquoi. Le « je » est là, oui, mais un peu de côté, comme s’il s’observait de biais dans le décor.
Ces écritures regardent comment on vit ensemble, et surtout comment on se rate collectivement. Elles observent la trajectoire des bonnes intentions : comment une idée bien placée devient une machine détraquée, comment un idéal se transforme en règle trop stricte, comment ce qui devait libérer finit par contraindre, et comment l’idéal se transforme en cauchemar trop souvent.
Le Verseau ne rêve pas d’un monde parfait. Le futur l’attire surtout pour voir ce qui est déjà brisé, avant que quelqu’un appelle ça du progrès. L’utopie l’intéresse tant qu’elle reste une hypothèse ; dès qu’elle se fige, il garde un œil sur la fissure, là où l’idéologie montre le bout son nez.
Le ton est souvent sec, décalé, parfois drôle sans en avoir l’air. Peu de lyrisme, peu d’états d’âme étalés. Les émotions passent par les idées, les structures, les dispositifs. On sent une méfiance envers le trop-plein affectif, perçu comme du bruit dans le signal.
Les textes avancent en réseau plutôt qu’en ligne droite. Ça bifurque, ça observe, ça teste. On n’y trouve pas toujours une grande révélation, mais souvent une façon différente de regarder ce qu’on croyait déjà connaître.
Le Verseau n’écrit pas pour rassurer, mais pour déplacer légèrement les meubles.
Et parfois, il oublie de prévenir avant de le faire.
Voici quelques auteurs québécois, nés sous le signe du Verseau (ils sont rares, encore cette fois, mais tous excellents ! )…
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Irma ferme la porte.
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