To the point, people
Confession d’une délinquante des consignes
Depuis le challenge de La Clairière , plusieurs savent maintenant que je suis une délinquante qui ne suit pas les consignes… et ça ne se gêne pas pour me le rappeler.
Pourquoi je ne les suis pas?
Une raison très simple, et j’ai la vague impression de ne pas être seule.
Je n’aime pas regarder des vidéos.
J’évite ça autant que possible, question de santé mentale.
Je préfère mille fois lire que rester captive de quelqu’un qui parle. Vivre quelques minutes au rythme d’une autre personne me stresse d’une manière presque irrationnelle.
Ça remonte à loin.
À l’époque où ma fille apprenait à se coiffer, cheveux bi-ethniques, pas évident, et qu’elle me bombardait de tutoriels dans l’espoir qu’un miracle capillaire s’opère par simple exposition.
Invariablement, il y avait un très long moment, au début, au milieu et à la fin, consacré à la narratrice elle-même :
My hair… Look at my hair… Because my hair…
Ça me rendait folle.
Je comprenais son besoin de se sentir jolie, de réparer les dégâts d’une mère totalement incompétente en coiffure, mais ce n’était pas l’apprentissage le problème, c’était la méthode de transmission…
… et surtout le narcissisme sans fin des narratrices, visiblement en amour avec elles-mêmes… et leur chevelure.
Depuis, j’ai développé une allergie mentale aux vidéos.
Même les how-to qui devraient me fasciner m’énervent.
Les tutos d’aquarelle me font perdre patience : introduction interminable, digressions, préparation du matériel qu’on connaît déjà…
To the point, people. To the point!
Il faut réellement que je me fasse violence pour regarder ça.
Bref, voilà l’origine de mon attitude anti-vidéo. Rien à voir avec un quelconque esprit anarchiste…quoique…
Dites-moi que je ne suis pas seule.
La civilisation a inventé le livre. Puis elle a décidé de parler par-dessus… trop souvent pour ne rien dire...





Pas capable les vidéos didactifs! Pourquoi regarder 15 minutes quelque chose qui aurait pu en prendre 5. Quoique certains concernant la plomberie sont plutôt utiles. On dirait que ceux qui réparent des affaires veulent faire œuvre utile plutôt que se donner en spectacle.
J’ai toujours eu de la difficulté avec les lignes droites. Ça me semble suspect, une ligne droite. Trop disciplinée. Trop sûre d’elle. Moi, je préfère la courber. La tordre un peu. La faire passer par des détours inutiles mais essentiels. Une ligne droite, c’est bon pour les autoroutes et les dogmes. Pas pour une vie.
Je te comprends. Y a quelque chose d’indécent à marcher docilement vers un point final comme si on avait signé le plan sans le lire. Courber la ligne, c’est refuser la naïveté géométrique. C’est admettre que la vérité a rarement la politesse d’être rectiligne.