Talk to me...
like lovers do
J’entends le tonnerre au loin.
Un grondement sourd, comme si la terre elle-même retenait son souffle.
Depuis l’aube, une pluie fine tombe, traîtresse, silencieuse. Elle se couche sur le sol sans bruit et durcit. Les trottoirs sont devenus du verre. Les voitures avancent au ralenti, comme des animaux qui sentent le danger.
Et maintenant elle s’alourdit.
De grosses gouttes roulent sur la vitre, une à une. Elles tracent leurs chemins hésitants, et quelque chose dans ce mouvement ressemble à une décision prise depuis longtemps.
La tempête ne s’emballe pas.
Elle n’en a pas besoin.
Elle arrive comme arrivent les choses inévitables : lentement, sans se presser, avec cette certitude tranquille qui est la forme la plus inquiétante de la puissance.
Dans la maison, la musique joue.
Here comes the rain again et la voix d’Annie Lennox monte exactement comme monte le vent dehors, comme monte quelque chose dans la poitrine qu’on ne saurait pas nommer.
Talk to me — like lovers do
Tout semble soudain parfaitement accordé au moment.
Comme si la tempête avait choisi cette chanson.
Comme si elle attendait simplement son moment.




la pluie est mon aphrodisiaque préféré