Plus toxique que l'insecticide
Un service lent, brouillon et irrespectueux : trop, c’est trop.
Le 6 août, j’appelle une compagnie bien connue pour régler un problème de fourmis dans mon sous-sol. J’explique clairement : elles sont à l’intérieur, non ce ne sont pas les grosses fourmis chapentières dévoreuses de bois, mais bien de toutes petites fourmis brunes, les mêmes qui circulent dehors. Après réflexion, je décide d’accepter leurs services. Mais en lisant le contrat, surprise : le traitement prévu est seulement… extérieur. Rien pour l’intérieur.
Je rappelle aussitôt, je demande l’annulation. Ce n’est pas ce dont j’ai besoin, on m’a mal comprise. On me répète que « c’est la manière de faire », que c’est garanti, que mon chien devra rester à l’intérieur pendant 24 heures. J’hésite, je doute, puis je finis par accepter de nouveau, croyant que ça ira.
Les semaines passent. De notre côté, nous installons des pièges, saupoudrons les murs concernés… et finalement, les fourmis disparaissent. Le service est devenu inutile. Quatre semaines plus tard — hier — je songe à annuler, cette fois pour de bon.
Ce matin, je reçois un courriel : « un technicien passera prochainement ». Pas de date. Pas d’heure.

Je réponds : ce n’est plus nécessaire, nous avons réglé le problème nous-mêmes. Et surtout : le minimum de politesse serait de préciser une date. Quelques minutes plus tard, sans avertissement, sans même frapper à la porte, quelqu’un commence à vaporiser autour de la maison.
Mon chien est dans la cour. Les fenêtres sont grandes ouvertes.
Je sors en panique, le fais entrer à toute vitesse avant que la vaporisation à l’arrière commence. Puis je sors sur le devant de la maison et m’adresse au technicien, furieuse. Le pauvre n’y est pour rien mais ma colère contre la gestion de l’entreprise retombe sur lui, puisqu’il est là. Je n’ai pas le droit à l’erreur : protéger mon chien, fermer mes fenêtres, penser aux risques. Ce sont des précautions que je dois improviser parce que la compagnie ne prend pas la peine de prévenir correctement. Et c’est là que la ligne est franchie, peut être un peu trop tard… ma confiance est réduite à néant.
Deux minutes dehors, à peine. Et depuis, un goût chimique dégueulasse qui ne me lâche pas. Je suis très sensible à tout ce qui touche aux produits chimiques : produits de nettoyage, lessive, médicaments… J’évite les contacts directs, je crains même l’inhalation à distance, j’endure une douleur plutôt que de risquer un effet secondaire. Mon corps réagit trop fort, trop souvent, avec raison ou pas. Mais le résultat est toujours le même : je me sens envahie, empoisonnée.
Tout ce processus a été long, lent, pénible et profondément irrespectueux. J’ai eu l’impression de ne jamais être entendue, ni prise au sérieux. On me laisse dans l’incertitude, on expose ma maison et mon chien sans prévenir, et moi je me retrouve à gérer l’angoisse d’une contamination possible, même si peu probable. Et tout ça après avoir réglé moi-même le problème d’origine pendant le mois d’attente, alors que j’avais besoin d’une solution rapide.
Les fourmis, elles, se sont faites rares grâce à nos efforts. Ce qui a vraiment disparu, ce n’est pas l’infestation. C’est la confiance.
Et ces gens-là, désormais, ont rejoint ma black list des compagnies à éviter à tout prix.