Merci pour la lecture
De la mesquinerie à la tenue - (Irma)
Parfois, ce ne sont pas les grandes critiques qui ébranlent, mais les petites piques en marge. Celles déguisées en bienveillance.
On doit apprendre à ne pas répondre tout de suite. À laisser décanter. Le silence fait souvent mieux le travail que la réplique.
Écrire expose. Plus encore que le texte, c’est la part de soi qu’on propose au regard d’autrui. Les réactions suivent parfois les lois étranges de la projection : un lecteur y lit ce qu’il veut y voir, s’y mesure, griffe un peu. La critique véritable éclaire ; la mesquinerie, elle, cherche surtout à se rassurer.
Dans ces moments‑là, la tentation est grande de se justifier, de répliquer, de corriger la perception. Mieux vaut pourtant rester dans son texte, y puiser sa réponse. Parler avec la même langue que celle qui a écrit, pas avec celle qui veut se défendre.
Un simple “merci pour la lecture” suffit souvent. La politesse devient une armure fine. Et si une image, un symbole, prolonge le texte, alors il faut reprendre la main. Rester dans la langue. Pas dans la réaction.
Ce qui blesse dans la mesquinerie, c’est sa petitesse. Ce qui sauve, c’est notre capacité à transformer l’éclat d’une pique en matière.
L’art de la distance, c’est parfois le silence.
Irma



