Chaque lundi, je choisis une image. Une pierre, une ombre, parfois un reflet, un objet : rien de spectaculaire, juste un point d’attention. C’est ma manière d’inviter à écrire, de tendre quelque chose vers le dehors et d’attendre ce que les autres y verront.
Le samedi, je reviens vers cette image. Je propose ma propre création et je partage les textes reçus, comme on rassemble les échos d’une même lumière.
Cette semaine, une photo prise en forêt, sur un sentier du Mont Saint-Hilaire. Deux rochers massifs couverts de mousse, une ouverture entre eux, la lumière d’été qui filtre à travers les arbres derrière.
Une photo simple. Ou peut-être pas si simple… plusieurs personnes ont écrit à partir de cette image, et les textes qui en sont venus ne se ressemblent pas.
Ce que moi j’y vois:
Ce qu’est l’amour
Le rocher ne s’ouvre pas comme une blessure, mais comme une invitation ancienne.
Une respiration minérale au cœur de la forêt.
La mousse humide épouse les parois avec une lenteur tendre. Les fougères s’inclinent vers l’ouverture. L’air y est plus dense, chargé d’eau, de terre noire, de feuilles en décomposition. Toute la montagne semble converger vers cette faille étroite où la pierre consent doucement à ne plus être entièrement fermée sur elle-même.
La forêt entre là comme l’eau entre dans une rivière déjà creusée pour elle.
Sans violence.
Sans conquête.
Les racines cherchent naturellement la fissure. Les spores s’y déposent. La pluie y glisse. Le vent lui-même semble ralentir en passant devant cette ouverture sombre tapissée de mousse et de silence.
Rien ici ne parle de séparation.
Au contraire.
La faille rassemble ce qui, ailleurs, demeure isolé : l’humide et le sec, l’ombre et la lumière, la pierre immobile et la croissance patiente du vivant. La forêt imprègne le granite pendant que le granite offre sa fraîcheur, sa stabilité, sa profondeur ancienne. Chacun transforme l’autre sans jamais le dominer.
On pourrait croire observer une simple fracture géologique. Pourtant, quelque chose de plus intime se joue dans cet étroit passage : une écologie de l’échange. Une réciprocité si ancienne qu’elle précède les mots humains pour parler du désir.
La montagne ne résiste pas à la forêt.
La forêt ne cherche pas à posséder la montagne.
Elles participent ensemble au même mouvement lent du vivant.
Et voici les nombreux textes qui ont été produits à partir de ce rocher si particulier.
C’est vraiment intéressant de lire les formes qu’il prend chez chacun des auteur•es.
suivi de sa réponse
Merci à toutes les personnes qui ont participé. La réponse a été généreuse et les textes, nombreux et variés.
Le prochain prompt arrive lundi.








C’est un texte magnifique Johanne, on y sent beaucoup de tendresse… 💞
J’en ai écrit un autre en réponse à Amrit https://bipedalchrysanthemum.substack.com/p/la-roche-qui-aime-pas-les-bretteux?utm_source=direct&r=75gzed&utm_campaign=post-expanded-share&utm_medium=post%20viewer