Johanne avec un T

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Lettre à ma rivale

Jalouse moi? Vous voulez rire?

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Johanne
janv. 18, 2026
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Je t’écris sans te connaître. Je t’écris sans te vouloir du mal. Et pourtant je t’écris depuis cet endroit inconfortable, ce frottement intérieur que je préférerais ne pas nommer, mais qui insiste. J’aurais juré que la jalousie n’était pas mon affaire. Je la croyais sociale, mesquine, tournée vers ce que les autres exhibent. La mienne est plus brute, plus absurde, plus corporelle. Elle surgit sans prévenir.

Curieux·se par ici

Je le vois, lui, installé chez toi, tranquille, sûr de sa place, sûr de sa splendeur. La vue de son corps sensuel, libre et mobile posé tout près du tien est un tison déposé sur mon coeur. Il occupe l’espace avec un évidence qui me transperce. Et quelque chose se contracte aussitôt en moi. Ce n’est pas une pensée, c’est une sensation. Ça serre, ça chauffe, ça tire au creux du ventre. Je ne le connais pas, mais je le veux. Je le veux tout à moi. Et je t’en veux pour ça. Pas parce que tu aurais pris quelque chose qui m’était destiné, mais parce que c’est arrivé chez toi et que je reste là, seule avec ce désir de lui qui me tord le ventre. Je pourrais te tuer pour ça, te faire très mal, te crever les yeux, t’embrocher de part en part, te noyer dans ton bain, t’empoisonner à même ton parfum favori, te couper en petites bouchées et te servir en plat principal.

Je le veux à moi, rien qu’à moi, tout à moi. Je veux cette présence entière, ce poids vivant, cette chaleur mouvante, ce mélange d’abandon et de retrait qui fait qu’il est là sans jamais se donner complètement.

Je veux qu’il choisisse mes bras sans hésiter, qu’il pose sa tête sur ma cuisse, qu’il prenne sa place entre mes draps, qu’il transforme l’espace autour de moi par sa simple présence.

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