La Rêveuse
Ce qui se joue à voix basse
En lisant un texte de Catherine Obscur, une autre main s’est imposée. Puis j’ai rencontré la viole de gambe et le titre s’est laissé entendre.
Je regarde la main avant d’émettre le moindre son.
Elle arrive, chargée de silence.
Elle se pose, elle pèse, elle hésite parfois, timide.
Elle connaît le poids exact d’un touché, la fragilité d’un geste trop appuyé, la nécessité d’un retrait juste.
Ce n’est pas une main qui s’impose, c’est une main qui consent.
Les doigts savent faire des choses que la tête n’énonce plus.
Ils se souviennent
des erreurs, des reprises, des heures à recommencer la même phrase jusqu’à ce que je cesse de résister.
Ils ont appris que la précision n’est pas une violence, mais une écoute.
Chaque doigt agit seul, et pourtant aucun ne décide pour lui-même.
Ils forment une petite communauté disciplinée, attentive à ce qu’elle touche, sans dépasser.
La voix naît de cet accord : être à sa place, exactement.
Ce qui me bouleverse, c’est de voir une pensée transiter entièrement par le corps,
voir une main accepter de disparaître pour que la voix existe,
voir un geste s’effacer aussitôt qu’il a eu lieu.
La main ne garde rien.
Elle donne, puis elle se retire.
Et dans ce retrait, tout mon être continue de vibrer.




Johanne c'est moi la voleuse entre nous deux d'où tu oses
"Les doigts savent faire des choses que la tête n’énonce plus.
Ils se souviennent"
ok t'as le droit de voler tous mes mots si tu veux les écrire aussi beaux que ça
C’est vraiment très beau!