Bonne et heureuse année à tous ceux dont le calendrier a changé cette nuit. Et merci pour votre confiance.
Je refais la petite mise en garde de convenance…
Ici, il n’est pas question de prédire quoi que ce soit. Mme Irma observe. Elle regarde comment le monde se tient, et comment on s’y tient. Et elle fait part de ces observations ici, dans ce cercle privé — VIP only. Elle parle souvent d’elle-même à la troisième personne. C’est comme ça…
Les signes servent de points de vue, pas de verdicts. Ce sont des supports pour l’imaginaire, des manières d’habiter le temps, l’effort, la joie, le retrait.
Lisez ce qui vous appelle.
Laissez le reste.
Rien n’est obligatoire, pas même de s’y reconnaître.
On peut même changer de signe à volonté, c’est ça le jeu.
(Mme Irma écrase sa cigarette … «On ouvre le bal»).
Janvier, c’est pas un mois pour repartir.
On ralentit, on regarde, on laisse les choses se placer. Les idées avancent au ralenti, les décisions peuvent attendre. Rien n’est cassé, rien n’est urgent : c’est juste l’hiver, bien installé.
CAPRICORNE (22 décembre – 19 janvier)
Capricorne, assis-toé icitte, voyons. Lâche-le, ce dossier que tu traînes depuis trois vies! Il pue la responsabilité forcée et la gloire à rabais. Ah, allume-moi donc une cigarette avant de t’écrouler, pis écoute au lieu de repartir t’éreinter sur ta montagne.
T’as pris des résolutions, hein ? Te remettre au sport « sérieusement », lire au moins un livre par mois, faire plus de sorties culturelles? On verra bien combien de temps ça va tenir, mais pour l’instant, t’y crois encore un peu, et c’est déjà ça.
Tout le monde louange ton endurance, ta persévérance, ta foutue capacité à recommencer sans hurler.
Tu montes, tu descends, tu recommences, Sisyphe en bottes d’hiver avec les pieds mouillés. Tu trouves ça noble ; moi, je vois du papier sablé qui te râpe le cœur.
Le piège ? Ta roche va encore redescendre. Pas parce que tu rates, juste parce que tu refuses d’imaginer un autre décor.
Sisyphe n’était pas un héros : il n’avait pas le choix. Toi, tu continues par loyauté envers un rôle que tu crois important.
(Mme Irma souffle la fumée: «Arrête de te prendre pour le héros tragique de ta propre punition»).
Ce mois-ci, la question n’est pas : peux-tu pousser la roche ? Évidemment que oui.
La vraie question : veux-tu encore être la personne qui la pousse ?
Parce qu’un Sisyphe libre, ça n’a jamais été écrit. Tu peux être le premier.
Et honnêtement, Capricorne… va chercher un corps ou un rire. Sisyphe n’a jamais fait l’amour à personne en montant sa montagne, pis… peut-être qu’il aurait dû.
Je t’ai fait une playlist pour t’aider à passer janvier, tu m’en donneras des nouvelles.
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Lectures suggérées
Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe , pour capter pile le moment où pousser ta roche éternelle devient une joke cosmique sans fin.
F. Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique, la grosse garden-party vue du bord du trottoir, où tu sais que tout brille de loin, mais que rester dedans coûte la peau des fesses.
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VERSEAU (20 janvier - 18 février)
Verseau, viens par icitte. Lâche tes idées une seconde. Allume-moi une cigarette, ça va nous recentrer. On va parler de toi.
— On continue à huis clos en privé.
Tu penses plus loin que les autres. Pas plus profond, non non… juste plus loin. Vous regardez pas du tout la même chose, ni dans la même direction. Tes idées arrivent vite. Trop vite pour la gang. Pendant que le monde bricole des systèmes passés date, toi tu te demandes pourquoi on s’obstine. Tu les regardes tourner en rond avec une patience théorique. Mme Irma note que t’as essayé d’expliquer. Ça n’a calmé personne.
Soyons clairs : s’ils t’agacent, tu les agaces tout autant. Ton décalage fatigue, ton avance irrite, ton refus du tempo passe pour de l’arrogance.
Et janvier te remet dans le décor banal du quotidien : agenda qui recommence, boulot qui reprend, météo plate. Tout le monde repart comme si de rien n’était, alors que toi, tu vois déjà mille manières de faire autrement. Y penser t’amuse, voir ce que le reste du monde fait ça t’ennuie, et quand tu réussis à bousculer une tradition, ça t’électrise.
Si au lit comme dans la vie, tu veux du neuf, surprends-toé avec une première fois que même ton cerveau n’avait pas prévue.
Mais surtout, ce mois-ci, arrête de vouloir convaincre. Personne ne veut être déplacé. Laisse flotter. Ce qui est juste se placera en temps et lieu, et seulement s’il y a lieu. La gang arrivera peut-être. Toé, t’attends pas assis, on le sait! Ça te donne des crampes, parait!
Pars en musique, sur un bon beat!
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Lecture suggérée
Ursula K. Le Guin, La vallée de l’éternel retour , un livre qui ne va pas plus loin, mais ailleurs.
Alain Damasio, Les furtifs, ce qui échappe aux contrôles et invente d’autres liens.
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POISSONS (19 février – 20 mars)
Poissons, contente de te voir! Allume-moi donc une cigarette, histoire de se clairer les bronches. On va parler de toi.
T’es l’éponge du zodiaque, celle qui capte toutes les humeurs pourries que les autres laissent traîner. Mme Irma te voit arriver, branché·e sur le réseau invisible des tristesses collectives, tensions vagues, silences qui puent le malaise. Pouf, ça te tombe dessus sans crier gare, et t’absorbes tout ça sans broncher. Tu ressens les choses avant de les comprendre pis souvent sans rien comprendre pantoute. Et pis, comprendre ou pas, est-ce que ça change quelque chose ?
On te trouve mystique, mais la vérité est plus simple : t’es un corps poreux. Une main qui effleure, un souffle dans le cou, et tout ton système nerveux se met à chanter. Le sexe, chez toi, c’est de l’empathie incarnée : tu veux sentir l’autre jusqu’à te confondre avec lui. C’est beau… mais épuisant.
Et janvier, lui, demande l’inverse : fermer les vannes, payer les factures, reprendre la routine. Toé aussi, t’as essayé deux-trois résolutions du genre mieux dormir, moins t’éparpiller, répondre aux messages? L’idée flotte encore dans ta tête, mais c’est fragile. C’est pas grave : chez toi, l’espoir tient mieux que les listes.
Ce mois-ci, ferme un peu les écailles. Garde ta sensibilité, mais arrête de laisser le monde te traverser comme une rivière sans digues. Protège ton énergie comme on protège un orgasme rare : offert seulement à qui sait le tenir doucement.
Parce qu’au fond, Poissons, ta magie n’est pas d’absorber.
Ta magie, c’est de laisser quelqu’un mériter l’accès à ton courant.
Toé aussi t’as une petite playlist pour t’aider à te laisser porter… mets ça sur shuffle, repeat, pis enjoy!
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Lecture suggérée
Anne Hébert, Le torrent, silence qui pèse quand les mots lâchent.
Éric Dupont, La route du lilas, avance à l’odeur, sans plan B, mais au moins, ça sent bon!
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BÉLIER (21 mars – 19 avril)
Bélier, assieds-toi deux minutes. Je sais : t’as déjà levé les fesses, prêt à partir. Allume ma cigarette pis retiens ton élan, juste le temps d’écouter avant que ton corps reparte tout seul.
Toé, tu commences tout avant de finir quoi que ce soit. Invitation ? Acceptée. Projet ? Lancé. Séduction ? En cours. Réflexion ? … ben, si tu y penses trop longtemps, tu meurs. Ton moteur, c’est l’impulsion pure : t’aimes mieux exploser que de t’endormir.
Tu crois que le mouvement sauve tout. Et parfois oui. Mais souvent, tu pars tellement vite que ton désir n’a même pas le temps de se réveiller.
Dans ta tête, «je veux» et «je fais» sont le même verbe. (Madame Irma souffle sa boucane par les narines… « Ça excite du monde… et ça en épuise d’autres»).
Ce mois-ci, essaie un truc révolutionnaire pour toé : attends trois respirations avant de foncer.
Si l’idée survit à ce bref délai, c’est qu’elle vaut la morsure.
(Mme Irma t’observe dans la fumée… « Exploser n’est pas aimer. Mais aimer peut faire exploser»).
Et au lit, même combat : au lieu de chercher l’étincelle, laisse la braise durer un peu. Tu verras : Frapper fort, c’est simple. Toucher vrai, c’est un autre sport.
Ce mois-ci, Bélier, garde ton feu, mais mets-y un peu d’adresse : tu verras que foncer moins vite… ça frappe parfois bien plus fort.
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Lecture suggérée
Jack Kerouac, Sur la route, un livre qui connaît la beauté du départ et son épuisement aussi.
Marguerite Duras, La Vie tranquille, un début sans fanfare, sans plan, mais collant comme de la chicklet à la menthe.
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TAUREAU (20 avril – 20 mai)
Taureau, arrête-toi. Tu retrouveras ton coin d’étable tranquille bientôt. En attendant, allume-moi ça tranquillement pas vite… pis écoute avant que le monde ne te presse comme un citron.
Ce mois-ci, on va encore te vanter des virages spectaculaires, des renaissances flamboyantes, des décisions héroïques. Tu vas écouter, te gratter l’oreille, puis planter tes deux pattes dans la terre. Parce qu’un Taureau ne sprint pas : il attend que les autres s’essoufflent. Et ça marche.
Ton corps sait avant ta tête. Il dit oui par la peau, par la langue, par ce petit frisson qui n’a rien de rationnel. Chez toi, le désir n’est jamais théorique : il passe par le ventre, les hanches, la lenteur qui rend fou ceux qui veulent tout tout de suite.
Ce qui vaut le coup reste, ce qui dépasse, c’est du vent cosmique et des promesses gonflées comme des ballons de fête cheap.
Avec janvier qui débarque, tout le monde se rue au gym et jure que tout va changer. Toi, t’as gardé juste deux résolutions possibles : mieux manger, mieux toucher. Du concret, pas du spectacle. Si ça ne fait pas de bien au corps, tu laisses tomber.
(Mme Irma souffle la fumée… « évolution ou continuité ? On verra ce que tu décides de laisser pousser»).
Si quelque chose mérite vraiment d’être chamboulé, tes doutes finiront par disparaître et le tout survivra à deux hivers.
Et si quelqu’un veut ton corps ou ton cœur : qu’iel apprenne à bouger lentement.
On ne chevauche pas un Taureau à l’impatience.
Écoute ça en t’en retournant, ça ne peut pas te faire de mal!
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Lecture suggérée
Marcel Proust, Du côté de chez Swann, où la madeleine tient plus longtemps que n’importe quelle révolution.
Ricardo, Nos 100 recettes : (Les meilleures), parce que le gâteau parfait ne change jamais de recette, point final.
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GÉMEAUX (21 mai – 20 juin)
Gémeaux, viens ici deux minutes. Allume-moi deux cigarettes, vu que tu fais tout en double, tout le temps.
Ton cerveau vire capot comme un juke-box possédé : Bowie, Prince, Nina Simone, tu changes de piste avant même que le refrain embarque.
Et c’est ça ton drame.
Bowie, oui, a porté mille visages.
Mais un à la fois. Ziggy n’a pas hijacké Major Tom et le Thin White Duke a connu sa propre époque.
Bowie restait dans une peau, puis passait à la suivante.
Toé, t’as dix débuts de métamorphose ouverts en même temps, pis aucun qui finit en chanson.
Et là, le soir du 1er janvier, ça empire : tu prends quinze résolutions qui se contredisent toutes. Moins boire, mais sortir plus. Méditer en écrivant un roman. Retourner au gym, mais dormir plus longtemps. Chez toi, le Nouvel An provoque trop de désirs de changement pour qu’un seul ne s’installe vraiment.
Ce mois-ci, essaie cette expérience terrifiante : une seule idée, une seule peau, un seul rôle.
Joue-le jusqu’au bout, même si ça t’écoeure, même si tu veux déjà te sauver ailleurs.
(Mme Irma rit dans la fumée…«Le génie, c’est pas le nombre de costumes… c’est la sueur laissée dedans»).
Et au lit, même combat : choisis un corps, un rythme, une voix. Pas besoin d’un trio mental avec tes autres versions de toi-même.
Ce mois-ci : pas de dispersion. Juste une incarnation, pis tu veux te prendre pour Bowie, why not?
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Lecture suggérée
Italo Calvino, Si par une nuit d’hiver un voyageur, un livre qui sait que lire, c’est déjà zigzaguer entre mille débuts inachevés, comme toi avec tes projets.
Gabrielle Caron, Hanter Villeray, un texte qui observe la vie depuis un angle inattendu, sans jamais s’y figer, pur gémeaux en overdose.
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CANCER (21 juin – 22 juillet)
Cancer, timinou, viens me voir, je t’ai préparé un petit coin douillet : tu peux même t’y installer avec ta coquille sur le dos. Lâche tes souvenirs qui collent comme de la glu familiale, allume-moi une cigarette… doucement, avant que les émotions la noient, pis écoute avant de te replier en mode tour de garde sentimentale larmoyante.
Il y a des lieux qui absorbent ce qu’on n’a pas su dire. Maisons, cuisines, chambres fermées : poubelles à silences, musées de regrets et d’habitudes moisies. Tu y reviens, aimanté comme un crabe à marée basse, sans savoir pourquoi, ou feignant de l’ignorer.
Tu protèges. Tu enveloppes tout le monde en couverture thermique émotionnelle. Tu retiens les chagrins, tu gardes les secrets jusqu’aux os. Tu te souviens de chaque micro-trahison depuis 1957… Ce qui t’importe est invisible mais solide comme un mur de reproches. Tu avances en traînant ta caravane de traces … “et si on en reparle dans 10 ans ?”
Mme Irma te connaît. Ta coquille se croit blindée, mais la fumée de cigarette s’insinue partout, jaunit les murs, imprègne tes souvenirs et tes drames familiaux vintage, édition limitée.
Ce mois-ci, demande-toi si ce que tu protèges a encore besoin de toi, ou si c’est juste ton excuse pour rester en veilleuse éternelle, à guetter le prochain tsunami sentimental au lieu de vivre la marée haute.
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Lecture suggérée
Annie Ernaux, La place, où on apprend que l’intime est une affaire de mémoire gluante et de traces indélébiles sur le linoléum.
Natalia Ginzburg, Les mots de la tribu, où famille, lieux et phrases répétées forment une mémoire vivante en version soupe tiède, sans nostalgie forcée.
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LION (23 juillet – 22 août)
Lion, voici ton trône… oui, je sais, il craque déjà, c’est bête de même! Ajuste ta cape en faux velours, allume-moi une cigarette sans faire de révérence, pis écoute avant de transformer mon show d’astro en gala de charité pour ton ego surdimensionné.
Exister, pour toi, c’est être vu. Même pisser dans un buisson devient performance artistique si quelqu’un regarde. Tu marches comme si Netflix avait signé un contrat sur ta vie, saison 5 déjà renouvelée. Tu sais entrer en fanfare, ou faire hurler le silence juste en respirant trop fort : présence garantie, sens non-inclus.
(Mme Irma observe ta crinière plaquée or… «Roi du monde? Voyons donc… mascotte de cirque surpayée, au mieux»).
Et janvier n’aide pas avec les résolutions : se calmer, se recentrer, faire moins de bruit, penser à demain. Tu écoutes, tu hoches la tête, tu sais déjà que la moitié va tomber dans l’oubli sitôt le dos tourné. Alors garde-en une, une seule, praticable : rester présent même quand il n’y a pas de scène. Être là sans numéro.
Ce mois-ci, tâche de ne pas confondre lumière et projecteurs en feu. On peut briller sans monter sur scène avec trapézistes hasbeen pis trois confettis collés aux bottes. La vraie force? Être là même quand personne ne t’applaudit.
Parce que, mon Lion : si personne ne te regarde… existes-tu encore?
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Lecture suggérée
Tennessee Williams, Un tramway nommé Désir, où la scène te met à nu, spotlights impitoyables sur la peau et l’âme.
Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, excès panaché jusqu’à l’os, fidèle à soi, même quand le monde ricane.
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VIERGE (23 août – 22 septembre)
Vierge, assieds-toi. Je vois tes yeux déjà compter les tuiles du plancher. Allume-moi une cigarette, et sacre-moi patience avec ton agenda couleur Prozac.
Tu veux une vérité? La voici : ton obsession à tout réparer t’empêche de vivre. Tu corriges les humains comme des manuscrits, tu veux lisser les rides du temps, cacher les taches de café sur l’âme, ranger les désirs dans des boîtes.
Mais le désir, lui, colle aux dents comme un bonbon mou.
En janvier, laisse tomber le mythe de la pureté. Va dans la chambre, laisse le lit pas fait, suis l’émotion qui déborde. Même Kafka écrivait en marge, même Duras écrivait en excès.
Personne n’a jamais créé du vivant en restant bien repassé.
Tu veux un défi? Regarde un cadre accroché au mur, de travers, et n’y touche pas.
Si t’arrives à ne pas le redresser, tu sentiras peut-être ton corps à la place de ton mental.
Tiens, v’là quelques tounes pour t’aider à relaxer…
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Lecture suggérée
Georges Perec, Penser / Classer, où l’attention aux détails devient une cartographie du chaos quotidien.
Maylis de Kerangal, A ce stade de la nuit, qui avance par touches fines, laissant le sens émerger sans forcer la machine.
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BALANCE (23 septembre – 22 octobre)
Balance, assieds-toi sur la chaise! Oui, celle qui penche comme ton humeur. Lâche tes « ouais mais… t’en penses quoi toi ? », verse-moi un café sucre ou pas, pis écoute avant que je juge tes « on verra ben ». Ah pis oui, allume-moi donc une cigarette, avec ou sans filtre, ça n’a aucune importance.
L’équilibre ? Non, c’est pas un cozy hammock qui se balance entre deux palmiers. Ça ressemble plus au funambule de Mad Max traversant le désert sur un fil de fer rouillé, vent hurlant dans les oreilles et sable dans les yeux. Tu pèses les vibes comme un bookmaker à Vegas, ta vie est comme un vox pop permanent. La balance ? Celle de Blade Runner qui juge les réplicants : fantôme ou verdict ?
(Mme Irma ricane, «… tes plateaux yoyottent. Encore un deal opportuniste qui te fait perdre ton axe ?»)
Chercher l’entente ? Te ramollir comme le pingouin de Batman Returns glissant pour plaire. Lâche un “non” sec de temps en temps, ça forge la paix solide. Et oublie l’harmonie parfaite : ta balance est faite pour bouger.
T’as toujours pas choisi tes résolutions de la nouvelle année? Pourquoi je suis pas étonnée? J’ai une idée… devant tes options, choisis, pile ou face s’il le faut. Tiens-t’en à ton choix, puis va te bercer dix minutes si t’as toujours besoin de va et vient.
(Irma écrase sa cigarette… « l’équilibre, c’est surfait, mais toé, t’es vraiment cute».
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Lecture suggérée
Sophocle, Antigone Balance qui balance la loi pour le cœur.
Virginia Woolf, Une chambre à soi, chambre solo vs consensus mou.
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SCORPION (23 octobre – 21 novembre)
Y’a des moments où regarder ne suffit plus.
Faut plonger. Faut aller checker c’qui grouille sous les versions propres, sous les histoires bien ficelées. Le truc qui fait flipper ne menace pas toujours. Souvent, c’est lui qui fait exploser les illusions.
En janvier, mon cher Scorpion, plonge comme Iggy Pop qui déchire ses tripes sur Raw Power, pas pour le show, mais parce que la vérité sent la sueur, la peau, le sang chaud. Va là où tu peux étaler ta noirceur sans craindre de faire peur : si c’est sincère, on en redemandera. Pis, on parlera même pas de résolutions du Nouvel An, je pense que ça ne te touche pas pantoute… pis je partage ton désintérêt, voilà, c’est dit!
Avoue-le : t’as toujours su que la passion n’était pas une activité de surface.
Tu veux les profondeurs. Les draps défaits. Les confidences murmurées juste avant de déraper. L’érotique, pas le joli. Tu renifles, tu fouilles, tu creuses.
(Mme Irma roule sa cigarette dans le silence… «On parle de descente aux enfers façon Orphée… mais toi, tu veux quelqu’un qui te suive jusqu’au bout du tunnel»).
Orphée descend, regarde en arrière, pis perd tout : voilà l’histoire.
Toé, tu sais déjà que regarder revient parfois à posséder.
On remonte magané, mais avec du feu dans les veines.
Le piège ?
Rester en surface à faire semblant d’être sage.
Alors vas-y : explore, aime, baise, brûle pour vrai.
Mais avant de partir, allume donc ma cigarette. Pas besoin de briquet : t’es déjà en flammes.
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Lecture suggérée
Dante, L’Enfer, plongée dark.
Michel Jean, Kabasa, fouiller la perte comme un solo de Voivod qui vrille dans le vide.
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SAGITTAIRE (22 novembre – 21 décembre)
Tu marches parce qu’il y a loin.
Un Sagittaire avec une idée fabrique un horizon : tu vis de projection, de demain, de sens.
Le présent ? Un simple couloir de service.
Tu avances porté par un truc plus grand que toi : un rêve, un plan, un « après » fabuleux que tu habites déjà dans ta tête pendant que les autres peinent à trouver leurs bottes.
(Mme Irma soupire, cigarette aux lèvres.)
«Tu pourrais l’allumer ? Merci».
Elle te connaît : croire, tu maîtrises.
Regarder où tu mets les pieds… moins.
Les grandes idées éclairent loin, mais elles aveuglent juste devant.
On a tous vu un Sagittaire se casser la gueule sur un détail parce qu’il fixait l’horizon.
Disons que c’est presque une discipline olympique.
Ce mois-ci, souviens-toi : changer d’itinéraire n’est pas trahir ta quête. Ta seule résolution pour 2026? Regarder où tu mets les pieds, et regarder le paysage dans lequel tu circules.
Ralentir n’est pas mourir.
Et enlever la pierre dans sa chaussure avant de traverser l’Atlantique n’a jamais tué personne.
(Irma te souffle la fumée au visage «Va loin, si tu veux… mais commence par ici»).
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Lecture suggérée
Herman Melville, Moby Dick, la quête comme moteur… et comme piège.
Nicolas Bouvier, L’Usage du monde, avancer sans plan, et très bien vivre avec ça.
Voilà.
Ici, rien n’a été prédit : aucun avenir promis, aucun danger annoncé à temps.
Les signes servent à déplacer le regard tout comme les textes suggérés. À essayer, l’un après l’autre, comme autant de manières d’habiter le monde : porter, descendre, viser, ajuster, rester, parler, se taire. Rien de plus. Rien de moins.
On peut lire tout ça dans le désordre. Reconnaître des éclats. S’y perdre. S’en éloigner. Y revenir. Rire, trouver ça nono, et des fois brillant. C’est normal : aucun point de vue ne tient longtemps sans se fissurer, tout bouge et change constamment.
Si vous tentez une prescription littéraire, j’aimerais savoir ce que ça donne : impressions, critiques, vertiges. Tout m’intéresse. Et à propos des playlists aussi!
Mme Irma observe. Elle n’interprète pas. Elle sait seulement que penser demande parfois un détour, et que les anciennes formes, les mythes, signes et récits, servent encore à ça : non pas à croire, mais à voir autrement.
Le reste appartient au lecteur.
Comme toujours.
— Irma





Merci madame Irma! Je me reconnais🦀