J'ai viré ma coiffeuse
Ou comment j’ai découvert que la liberté commence par les racines.
Ma coiffeuse, oui celle-là, celle que je vois depuis un peu plus d’un an, celle qui m’a convaincu de laisser mes cheveux revenir au naturel. Celle qui a son salon dans son sous-sol à quelques minutes de marche de chez moi.
Une jeune femme pas méchante, mais rigide comme un manche à balai. Elle gérait le cheveu comme une classe de sixième année deux semaines avant les vacances d’été. Avec moi, elle s’était transformée en tutrice capillaire non sollicitée, avec curriculum et tout.
Décolorer des cheveux courts ? « C’est pas bon pour les cheveux. » Oui, mais des cheveux courts, ça a le temps de se remettre d’un traumatisme du bleach profond, me semble : ils font leur thérapie, repoussent dans le sens du poil, sans s’incarner ni se plaindre…
Ensuite, il y avait la règle des trois semaines. Immuable. Sans contexte ni exception. Si on le fait, on DOIT obligatoirement décolorer aux trois semaines, sinon l’horreur advient : la bande jaunâtre. Le drame annoncé. La catastrophe esthétique imminente. La honte sociale, probablement. Et n’oublions pas les traitements! Shampoing hydratant, masque revitalisant. Moi, ce que je voyais, c’étaient surtout les frais de coiffure qui s’ajoutent, s’empilent, s’accumulent. Aux trois semaines : un bon revenu assuré pour elle. Pour moi? Un trou supplémentaire dans mon budget déjà réduit. Et à ce prix, la bande jaune, il me semble qu’elle peut bien vivre sa vie tranquille. Elle a l’air autonome et finit toujours par passer sous le ciseau.
Surtout que, détail non négligeable, j’ai fait ça des années avec une autre coiffeuse, avant de déménager. Aux six ou sept semaines. Sans problème. En plus, j’aime la repousse, un peu ombrée, vivante, honnête. C’est plus joli à mes yeux que ce bloc uniforme et lisse qui ressemble à un filtre Snapchat appliqué directement sur le crâne.
Mais non. Il fallait faire « comme il faut ». C’est-à-dire : comme elle a décidé, dans sa tête, pour une cliente abstraite qui n’était pas moi. À un moment donné, ce n’est plus du conseil ; c’est du contrôle, avec brushing et sourire professionnel par-dessus.
Alors je l’ai virée.
Je ne prends pas rendez-vous chez un ayatollah de la mise en pli.
Je retourne chez l’ancienne coiffeuse. J’ai essayé le “tout naturel” prescrit par la nouvelle pendant un an. C’est pas laid, mais j’aime pas ma tête. Et je pense que c’est important de ne pas avoir envie de se raser dès qu’on croise un miroir.




Les « conseils » des coiffeuses sont tous sauf des conseils. J’ai viré dernièrement aussi ma coiffeuse qui s’est littéralement moquée de moi quand je lui ai dit que je ne voulais plus me colorer les cheveux. Parce que j’en ai marre des produits chimiques et puis ça coûte du fric que je n’ai pas envie de dépenser là-dedans. Elle m’a répondu que 60€ par mois ce n’était pas cher…
Bref, elle ne me reverra plus.
La cliente est libre de son choix que sa plaise ou non. Si j’ai envie de faire des cheveux bleus ça me regarde. C’est dingue quand même! Puis, toujours à te vendre des soins. La vente forcée ça suffit.
Tu as eu raison de la virer, non mais !