Irma, ce 14 février (non sanctifiée)
Sans auréole ni confettis
Pas de rouge sur moi. Sauf aujourd’hui.
Noir, toujours. La cendre s’y efface mieux, sans faire de pli
Dehors, la ville s’habille de cœurs en papier
Joli leurres. Comme ces bonbons qui fondent trop vite,
laissant un arrière-goût de sirop sucré.
L’amour ?
Pas ces ballons qui crèvent au vent.
Non, plutôt la tasse tiède qui attend sur le comptoir,
le silence d’un regard qui n’exige rien,
la main qui reste quand les ombres s’allongent,
les mots répétés à chaque jour : Fais attention à toi... Sois prudent•e.
Cupidon, ce petit archer dérangé,
Un cauchemar d’enfant armé…
Je préfère les justes, ceux qui touchent sans tout casser.
Aujourd’hui, si vous aimez, faites-le nu
Sans feux d’artifice ni discours enflés
Si vous désirez, que ce soit chair contre chair, sans fard.
Seul ?
Le monde est vaste, ce n’est pas un salon privé pour deux
La solitude n’est pas un vide
C’est une chambre aux murs nus, prête pour l’écriture.
On me tend des fleurs ?
Je les prends. Elles ont soif d’eau, comme moi de vérité
Assez de verbillage…
J’écrase mon mégot d’un coup de talon.
Rien à jurer.
Juste ce sourire qui perce l’ombre.
Bonne Saint-Valentin, quand même.
Aux âmes froissées, surtout.




Un très beau texte. "Elles ont soif d'eau, comme moi de vérité" As-tu pensé à participer à la nuit de la poésie ?
Bonne Saint-Valentin à Irma!