Il y a des matins où je me réveille déjà écrasée. Le corps lourd, le cœur serré, l’estomac en feu, l’esprit brouillé. Pas une simple fatigue, mais une brûlure qui remonte et pèse près du cœur. Je ne peux pas l’ignorer. Elle dicte tout, elle me fait peur. Est-ce juste ma digestion qui cafouille, ou autre chose qui menace en silence ? Le doute ajoute à la douleur, et la peur s’invite.
La nuit dernière, il me fut impossible de trouver le sommeil. Les heures d’éveil se sont accumulées. Mon cœur cognait trop vite, terrifié, les pensées tournaient, et dans le centre, une brûlure intense s’est installé. Allongée dans le noir, je sentais chaque battement, chaque reflux, comme si le corps lui-même se vengeait. L’insomnie devint dès lors une chambre close où tout s’est trouvé amplifié.
Ce matin, je n’entre pas dans une journée neuve : je prolonge la veille. La fatigue colle, la douleur insiste, l’anxiété greffée dessus. Je me lève avec cette impression d’être déjà vaincue. Le corps encombre, l’esprit s’égare. Je ne démarre rien, je traîne lourdement une nuit entière derrière moi.
Le jour est là, pourtant éclatant de soleil, mais rien n’y fait. La lumière ne traverse pas, ne se rend pas à moi. Elle écrase plus qu’elle n’allège. Tout avance au ralenti : le cerveau englué, les gestes mécaniques, la déprime qui me tient au ras du sol. Le monde dehors continue, vif, bruyant, mais en moi tout est plombé, lesté, en retard sur la vie.
Demain n’existe pas encore.
Ça ressemble à mon sommeil. Résultat : une journée passée en décalage horaire, en cognant des clous à midi. Bon courage!
Repose-toi! 😴