Impuissance?
Ce n'est pas mon nom
me demande soudainement d’écrire sur l’impuissance.
Ok, you didn’t know, girl, how you just hit the spot….
Je vais faire ça, oui… même si ça fait mal en permanence.
Mon impuissance, elle n’est pas de celle qui soupire.
Pas de celle qui philosophe, non.
Plutôt de celle qui hurle dans un vent qui écrase tout sur son passage.
J’écris à propos d’une mer qui s’en crisse.
Oui, qui s’en crisse.
Tu peux te déchirer les cordes vocales,
te brûler les bras à lancer des bouées,
t’arracher le cœur à deux mains,
elle avance pareil.
Droite.
Brutale.
Sans merci.
Sans excuse.
Sans pause.
Pis toi t’es plantée là, à gueuler au large :
« LÂCHE-LE, TABARNAK !
T’as fait assez de dégâts !
Va-t’en, ça suffit ! »
Rien.
Pas un recul.
Pas un frisson.
Pas une hésitation.
Elle fait sa job, cette vague-là.
Et sa job, c’est de tout raser.
De passer par-dessus ce que t’aimes,
de t’arracher les mains du bord,
de te montrer à quel point t’es pas l’univers au complet.
Tu veux te sacrifier ?
Déposer ton cœur là, sur la plage,
lui tendre comme une offrande roulée dans le sable ?
Elle s’en sacre.
Elle passe dessus.
Elle passe au travers, le piétine, le recrache.
Une vague vieille comme le monde,
trop haute,
trop forte,
trop affamée.
Trop tout.
Et toi, trop rien pour l’arrêter.
L’addiction ?
C’est cette fucking vague-là.
Au début, elle a le goût sucré du paradis.
Bleu bébé.
Sourire qui éblouit.
Danse qui peint le ciel de couleurs lumineuses.
Et tu cries : encore, encore, encore, encore…
et elle te laisse gagner.
Pour un temps.
Puis elle relève la tête.
Et tu comprends.
Tu reconnais ce shift,
ce changement,
ce bleu qui tourne noir,
ce ciel qui se ferme.
Les paillettes tombent une par une,
le thrill se casse,
les promesses s’effacent.
Et lui, celui que tu veux sauver,
celui que tu veux ramener
il glisse.
Il en veut encore,
de ce bleu bébé.
Il s’enfonce dans la vague
à la recherche du bonheur.
Il ne t’entend plus.
Il ne te voit plus.
Il ne voit plus rien
sauf l’illusion qui lui chuchote des mensonges sucrés
pendant que la vague lui passe par-dessus la tête.
Better than sex, right…
Toi ?
T’es là, avec ton sextant, ton compas,
tes petites stratégies dignes d’un camp de jour, impuissante.
Comme si un tsunami allait lire tes plans et dire :
« Oh ok, excuse-moi, je recule. »
Pis ça frappe.
Le moment de rage froide.
Le moment où tu SAIS.
Où tout se recompose dans ta tête.
Où tu comprends que t’es en train de te battre
contre quelque chose
qui n’a même pas pris la peine de te regarder.
Tu peux éclairer jusqu’à t’en brûler les yeux.
Tu peux hurler jusqu’à t’en exploser la gorge.
Tu peux t’épuiser jusqu’à t’effondrer.
La vague s’en fout.
Elle bouge pas pour toi.
Elle bouge pour personne.
L’impuissance, c’est ça.
C’est voir quelqu’un que t’aimes
se faire avaler par une eau sale qui ne porte plus,
et sentir ta lumière taper dans le vide.
Dans.
Le.
Vide.
Et tu continues,
parce que même si ça sert à rien,
c’est ça aimer :
refuser d’éteindre le phare
même quand la nuit avale la lumière au complet.
L’impuissance ?oh que je la sens s’insinuer sous ma peau
Je persiste à croire
qu’on peut la virer.
qu’on peut lui claquer la porte au nez.
qu’on peut la contredire jusqu’à ce qu’elle craque.
Et on peut la faire céder…
Ça s’appelle l’espérance.



Magnifique poème. As-tu déjà pensé à publier un recueil ?
oh honey you did gooooooooood.
comment tu te sens? vague, vieille, vide?
(j'ai ramassé ton coeur, en passant)