Chaque lundi, je choisis une image. Une pierre, une ombre, parfois un reflet, un objet : rien de spectaculaire, juste un point d’attention. C’est ma manière d’inviter à écrire, de tendre quelque chose vers le dehors et d’attendre ce que les autres y verront.
Le samedi, je reviens vers cette image. Je propose ma propre création et je partage les textes reçus, comme on rassemble les échos d’une même lumière.
Cette semaine ce fut effectivement une photo d’ombre et de lumière…
Voici donc mon texte, créé à partir de mes impressions sur cette photo:
Théâtre d’ombres
Avril, fin d’après-midi. Un soleil trop bas pour entrer franchement. Il délègue… et voilà cette chose qui se prétend fenêtre. Quatre rectangles lumineux aux croisillons découpés avec une précision plus vraie que vraie. La fenêtre elle-même n’a pas ça.
Le mur semble brûlant, de ce feu sauvage entre ocre et braise. Le reste demeure caché dans l’ombre, la lumière n’ose pas se risquer là. Elle fait semblant : cette chaleur dorée, ce feu qui ne brûle pas, qui ne réchauffe rien, qui glisse sur le plâtre et disparaît.
Comme toi, elle n’est pas là. Il n’existe aucun reflet de toi, pas même une photo, rien. Des souvenirs déjà délavés, déjà retouchés, déjà faux. Des histoires. Toi dans le soleil, ou plutôt ta silhouette, ombre découpée dans la lumière que tu absorbes toute, trou noir, disparition, mur d’arrêt soudain. Le vide prend ta forme.
Ce qui reste, c’est ce qui n’est pas là. Ceci n’est pas une fenêtre.
Voici les textes que cette image a inspirés. Un grand merci aux participantes, je suis toujours époustouflée par ce que ces photos font naître.
À lundi, pour une autre photo!






