Mon ajout au curios de cette semaine. La photo m’a inspiré une expérience impossible.
Tu as pris mes mains, comme pour garder ton équilibre. Et c’est le monde qui a chaviré.
J’ai senti dans mon corps les éraflures de tes genoux. Tu étais tombé de ton vélo à six ans et n’y étais jamais remonté.
Le vieux chat s’est éteint dans nos bras. Les larmes ont coulé avant même que je sache pourquoi.
Un premier enfant. Un ventre qui s’arrondit. Des coups de pied. Ma fierté. Ta fierté. Je ne sais plus. Des graines semées, une attente, des fleurs sauvages, pour qui.
Tu as soufflé d’un coup les quarante bougies de mon gâteau d’anniversaire.
Tu as pleuré sur mon cœur brisé d’ado transi d’amours impossibles. Mes mains tremblaient d’un chagrin dont j’ignorais tout.
Entre nous. En nous. Au-dessus de nous. Au-delà de nous.
Nous sommes demeurés longtemps, mains dans les mains, à nous apprendre. À ressentir pourquoi tu as peur des chiens. Pourquoi j’aime le jaune.
Pour lire les textes inspirés par cette photo, c’est par ici:





Que c'est beau 🥰
Le vrai amour, c’est peut-être le plus grand des mélangeâmes. Un moment où les souvenirs arrêtent de respecter les clôtures de chacun.
À force de se tenir les mains, on finit par développer une mémoiréciproque : tu portes mes bosses, je traîne tes égratignures. On ne sait plus qui est tombé du vélo, qui a pleuré le chat ou qui a appris à craindre les chiens.
Au Rang Saint-Confucius, on appelle ça de la wontonbiennitude : cet état où deux existences cessent de faire du chacun-pour-soi pour entrer dans le grand entre-nous.
Le reste, c’est juste le calendrier qui essaie encore de compter deux personnes.