Apprivoiser le vide
Une lettre à celles et ceux qui cherchent à combler quelque chose
Je t’écris à toi qui remplis parfois le vide comme tu peux.
À toi qui tends la main vers un geste familier, ouvrir, manger, scroller, consommer, non par plaisir, mais pour apaiser quelque chose qui serre.
Je ne t’écris pas pour te corriger.
Je t’écris pour te proposer une pause.
Avant le geste, une respiration. Une main sur la poitrine. Une question simple, posée à toi-même:
— De quoi ai-je réellement besoin, là, maintenant ?
Nommer le ressenti suffit parfois. Fatigue. Solitude. Ennui. Peur.
Ce que tu ressens n’a pas besoin d’être éradiqué. Il gagne cependant à être reconnu.
Le geste viendra peut-être quand même.
Ou il restera suspendu, peut-être même inutile.
Si la dépendance prend trop de place, n’attends pas de toucher le fond pour demander du soutien. Ce n’est pas une faiblesse. C’est une réponse à la douleur. Et elle se soigne mieux à plusieurs.
Le vide n’est pas l’ennemi.
Il est souvent une respiration. Le berceau discret du recommencement.



